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François Bayrou, la « campagne heureuse » et le rôle des médias dans les élections présidentielles françaises

Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal, François Bayrou et Jean-Marie Le Pen n’ont finalement pas tenu le « débat à quatre » sur internet que réclamaient des médias privés. Une initiative qui marginalisait tous les autres candidats. Mais, malgré l’échec de cette tentative, l’emprise des médias privés sur la campagne électorale est restée considérable et leur influence perdure même après la fin officielle de cette campagne. Sur la Toile comme ailleurs.
Tout au long de la campagne présidentielle française, les journaux, hebdomadaires, sites internet influents, instituts de sondages... ont disposé de moyens considérables pour présenter leur version de ce qu’est ou était le « point de vue des citoyens ». Y compris, dans un certain nombre de cas, par la mise en avant d’articles et de blogs émanant théoriquement de citoyens « comme tout le monde » et sans a priori, mais dont la sélection a souvent pu s’avérer moins neutre au fur et à mesure que la date des élections présidentielles approchait. Même à présent, les grands médias continuent à jouer un rôle important.

Le Conseil Constitutionnel rappelle que sont interdits tant la veille que le jour du scrutin : toute propagande officielle (émissions radiotélévisées…) ; toute distribution de tracts (l'article L. 49 du code électoral prévoyant déjà cette interdiction le jour du scrutin) ; toute réunion électorale ; tout envoi au public, par voie électronique, d'un message ayant le caractère de propagande électorale (comme le prévoit expressément l'article L. 49 du code électoral) ; toute modification des sites Internet des candidat (même s'ils peuvent rester en ligne). Et que « s'agissant des sondages ayant un rapport direct ou indirect avec l'élection présidentielle, leur publication, leur diffusion et leur commentaire sont également interdits la veille du scrutin et le jour du scrutin, jusqu'à la clôture du dernier bureau de vote ».

Ces dispositions laissent une certaine liberté aux médias, comme on peut le constater à la mise en ligne, le 21 avril par Le Monde, avec le titre : « Election présidentielle : toutes les clés pour faire votre choix ». En cliquant sur ce titre, on découvre un « article interactif » intitulé : « Les candidats à la présidentielle 2007 » et la présentation : « Pour tout savoir des candidats à la présidentielle 2007 : les grandes étapes de leur carrière politique, mais aussi leur programme, leur équipe, leurs soutiens, et des archives vidéo ». Avec date du 21 avril, on trouve également sur ce site et sur celui de l’Express une dépêche Reuters portant la mention : « samedi 21 avril 2007, mis à jour à 10:44 ». Avec la même date, d’autres sites font état de réponses des candidats à des questionnaires ou analysent leurs programmes sous tel ou tel angle. C’est par exemple le cas d’un article d’Echo-Nature intitulé : « Présidentielle : net avantage Bayrou pour l’écologie ». L’article écrit à la fin : « Si F. Bayrou était élu, il est probable que le n° 2 de son Gouvernement serait Corinne Lepage ». Etc... Théoriquement, la campagne pour le premier tour est finie, mais les médias privés et leurs sites sur la Toile ne disposent-ils pas de moyens d’exercer une influence sur le vote ?

On peut également examiner la manière dont ces médias évaluent les campagnes électorales dans leurs articles et dépêches de dernière minute. La dépêche Reuters sur François Bayrou écrit, notamment : « François Bayrou a réussi son premier pari : apparaître comme un candidat crédible. Un candidat capable de troubler le paysage politique français traditionnellement marqué par le clivage droite-gauche ». Ou encore : « François Bayrou a cherché à conquérir ses électeurs en se présentant en honnête homme qui ne fait pas de promesses et dont le programme est entièrement financé. Une sagesse toute paysanne que "l'homme aux tracteurs" né dans une ferme des Pyrénées-Atlantiques, où il élève encore des chevaux, n'a manqué aucune occasion de faire transparaître ». On peut raisonnablement considérer qu’une telle présentation, diffusée la veille du premier tour, rend service au candidat. Ce n’est qu’un exemple de la latitude dont disposent les médias, même après la fin officielle de la campagne. Mais l’examen de cette dépêche met aussi en évidence la superficialité d’une campagne conduite en partie par les médias et les instituts de sondages. A ce jour, le citoyen à qui on demande de voter reste sans savoir ce qui l’attend vraiment à la fin courses. Que va-t-il se passer par rapport aux enjeux graves de la période actuelle : délocalisations, chômage, « grand marché mondial de la main d’œuvre », standards sociaux, avenir des services publics, stratégie « européenne » et mondiale des lobbies financiers, militarisation de l’Europe... ? La campagne en est restée à des généralités très vagues. Ce dont il est question, c’est surtout de la « personnalité » de tel ou tel candidat. Rarement, des intérêts qu’il défend vraiment. Mais les médias privés n’ont-ils pas, eux aussi, leurs intérêts ?

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François Bayrou, la « campagne heureuse » et le rôle des médias dans les élections présidentielles françaises

 
Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal, François Bayrou et Jean-Marie Le Pen n’ont finalement pas tenu le « débat à quatre » sur internet que réclamaient des médias privés. Une initiative qui marginalisait tous les autres candidats. Mais, malgré l’échec de cette tentative, l’emprise des médias privés sur la campagne électorale est restée considérable et leur influence perdure même après la fin officielle de cette campagne. Sur la Toile comme ailleurs.

 
Tout au long de la campagne présidentielle française, les journaux, hebdomadaires, sites internet influents, instituts de sondages... ont disposé de moyens considérables pour présenter leur version de ce qu’est ou était le « point de vue des citoyens ». Y compris, dans un certain nombre de cas, par la mise en avant d’articles et de blogs émanant théoriquement de citoyens « comme tout le monde » et sans a priori, mais dont la sélection a souvent pu s’avérer moins neutre au fur et à mesure que la date des élections présidentielles approchait. Même à présent, les grands médias continuent à jouer un rôle important.

Le Conseil Constitutionnel rappelle que sont interdits tant la veille que le jour du scrutin : toute propagande officielle (émissions radiotélévisées…) ; toute distribution de tracts (l'article L. 49 du code électoral prévoyant déjà cette interdiction le jour du scrutin) ; toute réunion électorale ; tout envoi au public, par voie électronique, d'un message ayant le caractère de propagande électorale (comme le prévoit expressément l'article L. 49 du code électoral) ; toute modification des sites Internet des candidat (même s'ils peuvent rester en ligne). Et que « s'agissant des sondages ayant un rapport direct ou indirect avec l'élection présidentielle, leur publication, leur diffusion et leur commentaire sont également interdits la veille du scrutin et le jour du scrutin, jusqu'à la clôture du dernier bureau de vote ».

Ces dispositions laissent une certaine liberté aux médias, comme on peut le constater à la mise en ligne, le 21 avril par Le Monde, avec le titre : « Election présidentielle : toutes les clés pour faire votre choix ». En cliquant sur ce titre, on découvre un « article interactif » intitulé : « Les candidats à la présidentielle 2007 » et la présentation : « Pour tout savoir des candidats à la présidentielle 2007 : les grandes étapes de leur carrière politique, mais aussi leur programme, leur équipe, leurs soutiens, et des archives vidéo ». Avec date du 21 avril, on trouve également sur ce site et sur celui de l’Express une dépêche Reuters portant la mention : « samedi 21 avril 2007, mis à jour à 10:44 ». Avec la même date, d’autres sites font état de réponses des candidats à des questionnaires ou analysent leurs programmes sous tel ou tel angle. C’est par exemple le cas d’un article d’Echo-Nature intitulé : « Présidentielle : net avantage Bayrou pour l’écologie ». L’article écrit à la fin : « Si F. Bayrou était élu, il est probable que le n° 2 de son Gouvernement serait Corinne Lepage ». Etc... Théoriquement, la campagne pour le premier tour est finie, mais les médias privés et leurs sites sur la Toile ne disposent-ils pas de moyens d’exercer une influence sur le vote ?

On peut également examiner la manière dont ces médias évaluent les campagnes électorales dans leurs articles et dépêches de dernière minute. La dépêche Reuters sur François Bayrou écrit, notamment : « François Bayrou a réussi son premier pari : apparaître comme un candidat crédible. Un candidat capable de troubler le paysage politique français traditionnellement marqué par le clivage droite-gauche ». Ou encore : « François Bayrou a cherché à conquérir ses électeurs en se présentant en honnête homme qui ne fait pas de promesses et dont le programme est entièrement financé. Une sagesse toute paysanne que "l'homme aux tracteurs" né dans une ferme des Pyrénées-Atlantiques, où il élève encore des chevaux, n'a manqué aucune occasion de faire transparaître ». On peut raisonnablement considérer qu’une telle présentation, diffusée la veille du premier tour, rend service au candidat. Ce n’est qu’un exemple de la latitude dont disposent les médias, même après la fin officielle de la campagne. Mais l’examen de cette dépêche met aussi en évidence la superficialité d’une campagne conduite en partie par les médias et les instituts de sondages. A ce jour, le citoyen à qui on demande de voter reste sans savoir ce qui l’attend vraiment à la fin courses. Que va-t-il se passer par rapport aux enjeux graves de la période actuelle : délocalisations, chômage, « grand marché mondial de la main d’œuvre », standards sociaux, avenir des services publics, stratégie « européenne » et mondiale des lobbies financiers, militarisation de l’Europe... ? La campagne en est restée à des généralités très vagues. Ce dont il est question, c’est surtout de la « personnalité » de tel ou tel candidat. Rarement, des intérêts qu’il défend vraiment. Mais les médias privés n’ont-ils pas, eux aussi, leurs intérêts ?

Skeptical

 

Re: François Bayrou, la « campagne heureuse » et le rôle des médias dans les élections présidentielles françaises

Très bien, mais comme par hasard, c'est l'exemple de F. Bayrou que vous prenez, alors que c'est lui qui a fait l'usage le plus intelligent et le plus respectueux du Net. Il faut arrêter de dire qu'on ne sait rien de ce que feront les candidats. Ils sont connus pour leurs engagements de longue date, leurs réseaux et leurs programmes sont connus aussi et le fait de connaître leur personnalité est un avantage, car on sait bien que c'est le style de leadership qui fait qu'on arrive ou pas à transformer un pays, mais aussi à convaincre ses partenaires. Regardez Nelson Mandela, Bill Gates, Tony Blair, Hugo Chavez, Junichiro Koizumi, donc c'est important. Et les journaux écrits ont aussi parlé des candidats hier samedi. Merci quand même pour la qualité de votre site !
 

Re: François Bayrou, la « campagne heureuse » et le rôle des médias dans les élections présidentielles françaises

"... les journaux écrits ont aussi parlé des candidats hier samedi"

Evidence qui ne fait que confirmer ce que dit l'article. D'ailleurs, c'est vrai que la campagne présidentielle française a été d'une opacité sans précédent. Les programmes de large diffusion ne disent pas grand-chose. La plupart de mes voisins s'en plaignent.
 

Re: François Bayrou, la « campagne heureuse » et le rôle des médias dans les élections présidentielles françaises

"Il faut arrêter de dire qu'on ne sait rien de ce que feront les candidats"

C'est pourtant la réalité. Les sujets qu'évoque l'article : délocalisations, chômage, « grand marché mondial de la main d’œuvre », standards sociaux, avenir des services publics, stratégie « européenne » et mondiale des lobbies financiers, militarisation de l’Europe... n'ont été vraiment abordés nulle part devant la grande majorité des électeurs. Quant à la "personnalité" des candidats, les médias peuvent en faire ce qu'ils veulent.

Il y a un autre exemple d'intervention d'un média privé pendant le week-end : l'article "La meilleure vision économique, c'est Bayrou" (Agence Bretagne Presse) à l'adresse:

http://www.agencebretagnepresse.com/fetch.php?id=6732&title=La meilleure vision économique, c'est Bayrou.

L'exemple de Bayrou paraît particulièrement intéressant, car il se plaignait d'être boudé par les médias mais la réalité semble être tout autre.

 

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